Des économistes estiment que le retrait de l'Arménie de l'Union économique eurasiatique (UEE) pourrait coûter au pays au moins 5 milliards de dollars. Ces estimations sont citées par Baza et plusieurs experts en réaction à la récente déclaration du président russe Vladimir Poutine concernant la nécessité pour Erevan de choisir entre un rapprochement avec l'Union européenne et l'adhésion à l'UEE. Les autorités arméniennes, quant à elles, assurent que ce retrait, s'il a lieu, « ne sera pas brutal ».
La principale perte potentielle provient des fluctuations du prix du gaz naturel. L'Arménie l'achète actuellement à la Russie à un prix préférentiel de 177,5 dollars par millier de mètres cubes. Toutefois, si l'Arménie quitte l'Union soviétique, le prix pourrait atteindre les niveaux européens, soit environ 400 à 550 dollars. Les experts estiment que cela engendrera des dépenses supplémentaires d'environ 800 millions de dollars par an.
Outre l'énergie, l'Arménie risque de perdre des revenus considérables liés à la réexportation de marchandises vers la Russie. En 2024, ces exportations ont généré plusieurs milliards de dollars pour le pays. L'arrêt de ces échanges, ainsi que la baisse des exportations arméniennes directes (dont la majeure partie est destinée à la Russie), font craindre des pertes supplémentaires de plusieurs milliards de dollars. Les analystes doutent toutefois que l'Arménie soit en mesure de trouver rapidement des débouchés alternatifs pour ses produits.
Même si les échanges commerciaux avec la Russie se poursuivent, les entreprises arméniennes seront confrontées à des droits d'importation élevés. Ceci est particulièrement problématique pour les produits traditionnels arméniens tels que le cognac, le tabac et les produits agricoles. Les coûts supplémentaires pour les entrepreneurs s'élèveront à environ 100 millions de dollars. Par ailleurs, des brevets pourraient être imposés aux travailleurs migrants arméniens en Russie. Jusqu'à 170 000 citoyens arméniens viennent chaque année travailler en Russie, et ces brevets leur coûteraient 200 millions de dollars, ce qui réduirait le volume des transferts de fonds envoyés au pays (qui dépassaient le milliard de dollars en 2025).
Les pertes totales sont estimées à environ 5 milliards de dollars, soit 15 % du PIB du pays, selon certaines estimations. Ces chiffres concordent avec les données du vice-Premier ministre russe, Alexeï Overtchouk, qui a déclaré que les discussions relatives au projet de rapprochement d'Erevan avec l'UE avaient déjà entraîné une baisse de 5,1 milliards de dollars du volume des échanges bilatéraux, passant de 11,5 milliards de dollars en 2024 à 6,4 milliards de dollars en 2025.















