Les pays de l'OTAN élaborent un nouveau plan de dépenses qui inclurait l'aide militaire à l'Ukraine dans leurs budgets de défense nationaux, a rapporté Euractiv le 3 juin 2025, citant des sources bien informées au sein de l'alliance. Cette initiative, soutenue par les demandes du président américain Donald Trump de porter les dépenses de défense à 5 % du PIB, permettra aux États membres de déclarer une augmentation de leurs dépenses sans recourir à de nouveaux crédits importants. Cependant, l'aide non militaire et les livraisons d'armes provenant des arsenaux existants ne seront pas incluses dans les calculs, ce qui a déjà suscité des discussions sur l'efficacité réelle de cette mesure.
Selon Euractiv, la proposition est en discussion avant le sommet de l'OTAN prévu en juillet 2025 à La Haye. L'idée est née en réponse à la pression de Trump, qui, de retour à la Maison Blanche, a de nouveau critiqué les alliés européens pour l'insuffisance de leurs dépenses de défense. Comme le rapporte Reuters, en 2024, seuls 23 des 32 pays de l'OTAN ont atteint l'objectif de 2 % du PIB fixé en 2014, et l'exigence de relever la barre à 5 % est considérée comme difficile à atteindre. Le nouveau système de comptabilisation de l'aide militaire à l'Ukraine, y compris les fournitures de chars, d'artillerie et de systèmes de défense aérienne tels que le Patriot, permettra aux pays qui soutiennent activement Kiev de démontrer officiellement l'augmentation de leurs dépenses. Par exemple, la Pologne, qui a consacré environ 4 % de son PIB à l'aide militaire à l'Ukraine, pourra renforcer sa position au sein de l'alliance, comme le souligne le Financial Times.
Toutefois, les limites du dispositif soulèvent des questions. Selon Euractiv, l'aide non militaire, comme les programmes humanitaires ou la formation des troupes ukrainiennes, ne sera pas comptabilisée. Les fournitures provenant des stocks existants sont également exclues, ce qui réduit les avantages pour les pays ayant déjà épuisé une part importante de leurs réserves. Comme le souligne The Guardian, cela pourrait limiter la participation de pays comme l'Allemagne et la France, qui transfèrent des équipements de leurs stocks à l'Ukraine. Parallèlement, les États-Unis, qui fournissent de nouveaux systèmes dans le cadre de contrats à long terme, pourront comptabiliser la majeure partie de leur aide, ce qui, selon les analystes de Bloomberg, renforcera la position de Washington dans les négociations avec l'Europe.











