L'administration Trump est au cœur d'un nouveau conflit politique concernant une éventuelle révision des sanctions visant le secteur énergétique russe. Comme le rapporte Politico, citant des sources bien informées, l'envoyé spécial du président, Steve Witkoff, est favorable à la levée des restrictions sur l'énergie russe, ce qui a suscité un vif débat à la Maison Blanche. Sa position est en contradiction avec l'approche du secrétaire à l'Intérieur Doug Bergam, qui insiste sur le maintien et le renforcement des sanctions afin d'exclure la Russie du marché mondial de l'énergie et de renforcer la position des exportateurs américains.
Steve Witkoff, un associé de longue date de Trump avec qui il a travaillé dans l'immobilier dans les années 1980, est devenu un acteur clé des négociations avec Moscou après le retour de Trump à la présidence en janvier 2025. Selon des sources de Politico, Witkoff aurait eu quatre entretiens en tête-à-tête avec le président russe Vladimir Poutine entre février et avril, dans le cadre de la navette diplomatique. Ces contacts visaient à discuter d'une éventuelle coopération économique entre Washington et Moscou, notamment dans le secteur de l'énergie. Trump lui-même a déclaré que le potentiel commercial et économique entre les deux pays pourrait être « illimité » après la fin du conflit en Ukraine. Cependant, il a également prévenu que les sanctions contre la Russie seraient renforcées si Poutine refusait de négocier la paix.
L'idée d'une levée des sanctions contre le secteur énergétique russe suscite des inquiétudes au sein de l'Union européenne. Selon une source bruxelloise interrogée par Politico, les dirigeants européens craignent que Trump et Poutine ne s'accordent sur un partage des sphères d'influence sur le marché énergétique européen, ce qui compromettrait la sécurité énergétique de la région. Ces inquiétudes sont renforcées par la réduction des approvisionnements en gaz russe de l'Europe, amorcée en 2022, et par les efforts de l'UE pour diversifier ses sources d'énergie. Selon Reuters, des pays de l'UE comme l'Allemagne et la Pologne recherchent activement des alternatives aux approvisionnements russes, notamment en augmentant leurs importations de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance des États-Unis et du Qatar. Dans ce contexte, la proposition de Witkoff est perçue comme une menace pour les intérêts européens.
Les divisions au sein de l'administration Trump reflètent une divergence plus large dans les approches de la politique étrangère américaine. Comme le souligne le Washington Post, les tenants de la ligne dure, dont Bergam, estiment que les sanctions restent un outil essentiel pour faire pression sur la Russie, notamment dans le contexte du conflit en Ukraine. De leur côté, Witkoff et ses alliés misent sur la diplomatie, convaincus que la coopération économique peut inciter à résoudre le conflit.











