Washington et Ankara sont proches d'un compromis sur l'un des points les plus sensibles de leurs relations bilatérales : la Turquie cessera définitivement d'utiliser les systèmes de défense aérienne russes S-400 dans les quatre à six prochains mois afin de lever le veto américain sur la vente des avions de chasse F-35 de cinquième génération. Cette annonce a été faite par l'ambassadeur des États-Unis en Turquie, Tom Barrack, lors d'une conférence de presse à Abou Dhabi.
Selon le diplomate, les systèmes Triumph livrés par Moscou en 2019 sont depuis longtemps hors service au sein de l'armée turque et sont de fait mis en réserve. Néanmoins, leur présence en service demeure le principal obstacle juridique et politique au retour de la Turquie au sein du programme Joint Strike Fighter, dont Ankara a été exclue immédiatement après la réception de la première batterie de S-400.
« Nous constatons un véritable engagement de la part de la Turquie à résoudre enfin ce problème. Je suis convaincu que la situation se réglera dans les prochains mois. » — Barrack a insisté.
Des sources diplomatiques précisent que la « solution » envisagée implique soit le transfert complet des systèmes à un pays tiers (par exemple, le Qatar ou un autre pays non membre de l’OTAN), soit leur démantèlement et leur entreposage sous supervision internationale. Washington, de son côté, est prêt à entamer immédiatement le processus de réintégration de la Turquie au sein du programme F-35 et à livrer jusqu’à 40 nouveaux appareils à Ankara, ainsi qu’à moderniser ceux déjà payés mais non encore livrés.
Un compromis est devenu possible après l'arrivée au pouvoir de l'administration Donald Trump, qui a dès le départ déclaré son désir de « réinitialiser » les relations avec la Turquie et de la ramener dans l'orbite des programmes militaires américains.











