Le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a promis de continuer à bloquer le 18e paquet de sanctions de l'UE contre la Russie jusqu'à ce qu'il obtienne des garanties concernant le projet de l'UE d'abandonner le gaz russe après 2028. Le 16 juillet 2025, il a adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, appelant à consacrer les prochains jours au dialogue et à reporter le vote sur les sanctions jusqu'à la résolution du différend. Le texte de la lettre, publié sur Platform X, souligne que la Slovaquie considère la stratégie REPowerEU comme une menace pour ses ménages et son économie, ainsi que pour la compétitivité de l'UE dans son ensemble. Fico insiste sur le fait que la Commission européenne ignore le mandat politique du Conseil européen en offrant des garanties insuffisantes.
La position de Fico repose sur les risques économiques pour la Slovaquie, qui reste dépendante du gaz russe via Turkish Stream et la Hongrie. Il a proposé une exception permettant d'honorer le contrat avec Gazprom jusqu'en 2034, mais la Commission européenne a rejeté cette idée, estimant qu'elle compromettrait les sanctions antirusses. Le projet de l'UE de se sevrer du gaz russe, qui s'inscrit dans le cadre de la stratégie REPowerEU, ne requiert pas l'unanimité et peut être adopté à la majorité qualifiée, privant ainsi la Slovaquie de la possibilité de le bloquer. Cependant, le 18e paquet de sanctions, qui comprend de nouvelles restrictions à l'encontre de Moscou, requiert le consentement des 27 États membres, ce qui confère à Bratislava un pouvoir de négociation.
Lors de la réunion des ambassadeurs auprès de l'UE du 16 juillet 2025, l'approbation du 18e paquet de sanctions a échoué en raison de la position de la Slovaquie et de Malte. Selon des sources européennes, la discussion a été reportée au 18 juillet afin de trouver un compromis. La Slovaquie exige une compensation pour les pertes subies, notamment la hausse des prix de l'énergie et les réclamations potentielles de Gazprom à hauteur de 16 milliards d'euros, évoquées par Fico lors de ses entretiens avec le chancelier allemand Friedrich Merz. La Commission européenne a proposé des garanties écrites, mais Fico les a jugées insuffisantes, insistant sur des mesures de soutien spécifiques.
Cette situation reflète une division au sein de l'UE sur la politique énergétique. La Slovaquie, qui s'approvisionne jusqu'à la moitié en gaz russe, craint des pénuries et une hausse des coûts de transit après 2028, date à laquelle l'UE prévoit d'éliminer complètement le combustible russe. La Hongrie s'y est également opposée, exigeant des exceptions pour ses contrats, selon Reuters. La Commission européenne, quant à elle, soutient REPowerEU, qui vise à se tourner vers les énergies renouvelables et à diversifier ses approvisionnements, notamment en gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance des États-Unis et du Qatar. En 2024, l'UE a importé 15 % de son gaz de Russie, ce qui rend difficile une élimination complète.
Les négociations sont compliquées par la pression de l'Ukraine, qui réclame des sanctions plus sévères, et des États-Unis, où le président Donald Trump a appelé l'Europe à partager la charge de l'approvisionnement énergétique. Selon Bloomberg, la Commission européenne envisage une aide financière aux pays dépendants du gaz russe, mais aucun montant précis n'a encore été annoncé. Fico, cependant, exige que des garanties soient incluses dans le texte du projet de loi, et non sous forme de promesses, ce qui ralentit le processus.
La 18e série de sanctions vise notamment les banques, les secteurs énergétique et militaire russes. Le blocage du paquet par la Slovaquie a déjà suscité les critiques de la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, qui a appelé à une solution plus rapide.












