À partir du 21 juillet 2025, les navires étrangers ne pourront entrer dans les ports russes qu'après avoir obtenu l'autorisation du capitaine du port, en accord avec le Service fédéral de sécurité (FSB). Le décret correspondant a été signé par le président russe Vladimir Poutine. Auparavant, l'approbation du FSB n'était requise que pour les ports situés à proximité de bases militaires, comme Sébastopol ou Vladivostok. Ces nouvelles mesures ont été introduites en réponse à une série d'explosions inexpliquées sur des pétroliers faisant escale dans des ports russes, qui ont suscité des inquiétudes quant à la sécurité maritime.
Selon certaines sources, au moins six incidents impliquant des pétroliers faisant escale dans les ports d'Oust-Louga, en mer Baltique, et de Novorossiisk, en mer Noire, se sont produits depuis janvier 2025. L'un des cas les plus récents s'est produit le 6 juillet, lorsque le pétrolier Eco Wizard, transportant du gaz naturel liquéfié (GPL), a été endommagé par une explosion dans le port d'Oust-Louga. L'explosion a provoqué une fuite d'ammoniac, mais, selon le gouverneur de la région de Léningrad, Alexandre Drozdenko, il n'y a eu aucune menace pour la santé ou l'environnement. L'équipage de 23 personnes a été évacué et aucune victime n'a été signalée. Un autre incident s'est produit au large des côtes libyennes avec le pétrolier Vilamoura, qui avait précédemment fait escale à Oust-Louga et au terminal du Consortium du pipeline de la Caspienne (CPC) près de Novorossiisk. L'explosion a provoqué une inondation dans la salle des machines, mais l'équipage est indemne et aucune pollution environnementale n'a été causée. Le navire a été remorqué jusqu'en Grèce pour évaluation des dommages.
L'analyse montre que tous les navires touchés – le Seajewel, le Seacharm, le Grace Ferrum, le Koala, le Vilamoura et l'Eco Wizard – avaient fait escale dans des ports russes avant les explosions. Les experts soupçonnent l'utilisation de mines magnétiques à retardement, fixées à la coque du navire et pouvant être déclenchées plusieurs jours, voire plusieurs semaines plus tard. De tels dispositifs exigent un haut niveau de professionnalisme, ce qui suggère l'implication possible d'acteurs étatiques ou affiliés à un État. Certains analystes ont lié les attaques à l'Ukraine, pointant du doigt le recours par la Russie à une « flotte fantôme » pour contourner les sanctions sur les exportations de pétrole, bien que l'implication de Kiev ne soit pas officiellement confirmée.
Les armateurs grecs, dont les navires sont responsables d'une grande partie des victimes, ont commencé à renforcer leurs mesures de sécurité, en procédant à des inspections de coques avec des plongeurs et des drones sous-marins, et en repositionnant les navires en attendant leur arrivée au port afin de réduire la prévisibilité de leur localisation. Cette mesure fait suite à une série d'explosions, notamment au large des côtes libyennes, turques et italiennes. Selon le cabinet d'analyse Ambrey, les dommages aux coques, notamment les bosses et les déchirures métalliques, indiquent l'utilisation de mines, comme le confirment les images vidéo des inspections.











