Le président français Emmanuel Macron a vivement critiqué le projet du président américain Donald Trump d'annexer le Groenland, qualifiant cette idée de « folle » et de « dangereuse pour la stabilité internationale ». S'exprimant à Nuuk, la capitale groenlandaise, le 15 juin 2025, M. Macron a déclaré que la France était prête à organiser des exercices militaires conjoints avec le Danemark afin de renforcer la sécurité de l'île, qui demeure un territoire autonome du Royaume du Danemark. « Le Groenland n'est pas une marchandise que l'on peut acheter ou conquérir. C'est un signal d'alarme pour l'Europe face aux ambitions prédatrices contre un territoire souverain », a déclaré le dirigeant français lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen.
La visite de Macron était la première d'un dirigeant d'un pays de l'UE au Groenland depuis que Trump, de retour à la présidence des États-Unis début 2025, a renouvelé ses revendications sur l'île. En 2019, lors de son premier mandat présidentiel, Trump avait proposé au Danemark de vendre le Groenland pour 600 millions de dollars, invoquant l'importance stratégique de l'île pour la sécurité nationale des États-Unis. À l'époque, Copenhague et les autorités groenlandaises avaient catégoriquement rejeté cette offre. Après son investiture en janvier 2025, Trump a de nouveau soulevé la question, affirmant que les États-Unis avaient besoin du Groenland pour « protéger le monde libre » de l'influence de la Chine et de la Russie. Selon lui, le contrôle de l'île permettrait à Washington de renforcer sa position dans l'Arctique, où la concurrence géopolitique s'est intensifiée ces dernières années pour l'accès aux ressources naturelles et aux nouvelles routes maritimes.
Macron a souligné la volonté de la France et de l'UE de protéger la souveraineté du Groenland. Il a promis d'aborder la question lors du sommet du G7, qui s'est ouvert en Italie le 16 juin. « Nous ne pouvons pas permettre que des actions unilatérales portent atteinte au droit international. Le Groenland fait partie de l'Europe et nous resterons aux côtés de nos partenaires », a-t-il déclaré. La France a proposé au Danemark et au Groenland une assistance technique et militaire, notamment des exercices conjoints dans les eaux arctiques et la modernisation des systèmes de défense aérienne. Selon les médias danois, Copenhague a déjà entamé des consultations avec Paris sur le possible déploiement de conseillers militaires français sur l'île.
Le Groenland, qui a obtenu son autonomie en 2009, fait toujours partie du Royaume du Danemark, mais possède sa propre politique et économie internes. L'île possède d'importantes réserves de terres rares et potentiellement les plus grands gisements d'uranium au monde, ce qui en fait un acteur majeur de l'économie mondiale. De plus, la fonte des glaces de l'Arctique ouvre de nouvelles perspectives pour le transport maritime et l'extraction de ressources, ce qui suscite l'intérêt des puissances mondiales. La Chine investit massivement dans les infrastructures groenlandaises, et la Russie renforce sa présence militaire dans l'Arctique, suscitant l'inquiétude en Occident.
La réaction de la communauté internationale aux déclarations de Trump reste mitigée. L'Allemagne et le Canada, membres du G7, ont soutenu la position de Macron, appelant au respect du droit international. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a déclaré que « toute tentative de modifier le statut du Groenland par la force est inacceptable ». Parallèlement, l'idée d'annexer l'île a suscité des réactions mitigées aux États-Unis. Certains républicains soutiennent Trump, considérant le Groenland comme stratégiquement important pour contrer la Chine, tandis que les démocrates accusent le président de provocations susceptibles de compliquer les relations avec ses alliés.
Au Groenland, les habitants expriment leur inquiétude. Le Premier ministre Jens-Frederik Nielsen a déclaré que l'île n'était « ni à vendre ni à conquérir », soulignant sa volonté de préserver son autonomie. Les habitants de Nuuk ont organisé un rassemblement en faveur de l'indépendance, exigeant que le monde les protège des pressions extérieures. Parallèlement, la dépendance économique du Groenland vis-à-vis du Danemark et ses ressources militaires limitées rendent l'île vulnérable aux ambitions géopolitiques.











