L'Iran suspend sa coopération avec l'AIEA

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L'Iran suspend sa coopération avec l'AIEA

Le président iranien Massoud Pezeshkian a publié un décret exigeant du gouvernement la suspension de sa coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) jusqu'à ce que la sécurité des installations nucléaires et des scientifiques du pays soit assurée, a rapporté l'agence de presse iranienne Tasnim. Cette décision fait suite aux récentes attaques israéliennes et américaines contre les installations nucléaires iraniennes, que Téhéran considère comme une violation du droit international et une menace pour la sécurité nationale. Le décret, ratifié par le Conseil des gardiens le 26 juin 2025, est entré en vigueur immédiatement, mais toute nouvelle mesure doit être approuvée par le Conseil suprême de sécurité nationale iranien.

La décision de suspendre la coopération avec l'AIEA fait suite à une série de frappes israéliennes contre des installations nucléaires iraniennes, notamment Fordow, Ispahan et Natanz, le 13 juin 2025. Les États-Unis ont ensuite lancé leurs propres attaques contre les infrastructures nucléaires iraniennes, ce que le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a qualifié de « violation flagrante » de la Charte des Nations Unies. L'Iran accuse l'AIEA d'inaction et de « parti pris politique » pour n'avoir pas condamné ces attaques. M. Ghalibaf a déclaré que l'AIEA avait « vendu sa réputation internationale » en refusant même de condamner formellement les actions d'Israël et des États-Unis, sapant ainsi la confiance de Téhéran dans l'organisation.

Le décret interdit aux inspecteurs de l'AIEA d'entrer en Iran tant que la sûreté des installations nucléaires et le droit de l'Iran à un programme nucléaire pacifique, conformément à l'article 4 du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), ne sont pas garantis. La loi, adoptée par le Parlement iranien le 25 juin par 221 voix pour et une abstention, appelle également à l'accélération du programme nucléaire pacifique, y compris l'enrichissement de l'uranium. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a souligné que la suspension de la coopération ne signifiait pas la sortie du TNP, mais constituait une mesure temporaire jusqu'à ce que la sûreté des infrastructures nucléaires soit assurée. Il a accusé le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, de « partialité » et de « facilitation de l'agression » de l'Occident, affirmant que l'agence avait fourni des données sur les installations nucléaires à Israël.

Selon Al Jazeera, la décision de Téhéran a été motivée non seulement par les attaques, mais aussi par la pression de l'AIEA, qui a adopté le 12 juin 2025 une résolution condamnant l'Iran pour son manque de transparence concernant son programme nucléaire. Des responsables iraniens, dont le président du Conseil des gardiens, Hadi Tahan Nazif, ont déclaré que la suspension de la coopération était nécessaire pour « respecter pleinement la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale ». M. Nazif a souligné que la loi oblige l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) à cesser tout contact avec l'AIEA, y compris l'autorisation des inspecteurs et la fourniture de rapports, jusqu'à ce que les conditions approuvées par le Conseil suprême de sécurité nationale soient remplies.

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