L'Inde et les États-Unis reprennent les négociations sur l'achat d'avions P-8I Neptune supplémentaires.

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L'Inde et les États-Unis reprennent les négociations sur l'achat d'avions P-8I Neptune supplémentaires.

New Delhi, 20 septembre 2025 – Dans un contexte de bouleversements géopolitiques en Asie du Sud, l'Inde et les États-Unis reprennent leurs négociations stratégiques concernant la livraison d'avions anti-sous-marins P-8I Neptune supplémentaires. Cette reprise intervient dans le contexte d'un accord de défense surprise entre le Pakistan et l'Arabie saoudite, qui accentue les inquiétudes de New Delhi quant à l'équilibre des forces dans l'océan Indien.

Selon des sources proches du ministère indien de la Défense, une délégation du Pentagone est arrivée dans la capitale indienne le 15 septembre et y restera jusqu'à la fin de la semaine. L'ordre du jour principal porte sur le renforcement du partenariat militaire et le renouvellement de l'accord portant sur six nouveaux systèmes de missiles Neptune, d'une valeur de 4 milliards de dollars. Les négociations avaient été précédemment gelées en raison des tensions commerciales entre Washington et New Delhi, mais les experts prévoient que le cycle actuel portera sur les garanties financières, la logistique d'approvisionnement et l'adaptation des équipements aux réalités indiennes.

La marine indienne exploite actuellement 12 de ces appareils, qui jouent un rôle essentiel dans la sécurité maritime : ils scrutent la mer d'Arabie et le golfe du Bengale, effectuent des reconnaissances dans le détroit de Malacca et traquent les sous-marins ennemis, les navires espions étrangers et les routes commerciales critiques. Les P-8I participent également activement à des missions humanitaires, notamment des opérations de recherche et de sauvetage en eaux isolées.

L'acquisition de six unités supplémentaires renforcera considérablement les capacités de la marine indienne, permettant la surveillance simultanée de plusieurs zones à risque. Cela couvrira non seulement la mer d'Arabie, mais aussi les zones autour des îles Andaman-et-Nicobar, ainsi que le canal stratégique du Mozambique, notamment en période d'escalade des conflits. « Ces moyens assureront une domination aérienne 24h/24 et 7j/7 au-dessus de l'océan, minimisant ainsi les vulnérabilités aux menaces sous-marines », a déclaré une source du ministère de la Défense aux journalistes.

Dans le même temps, l’Inde se prépare à intégrer les véhicules aériens sans pilote MQ-9B, dont la livraison est prévue pour 2029. Ces drones viendront compléter la flotte, élargissant les capacités de patrouille et de reconnaissance sans présenter de risques supplémentaires pour les avions habités.

La coopération autour du P-8I s'étend sur plus de 15 ans : en janvier 2009, un contrat de base portant sur huit appareils a été signé pour un montant de 2,1 milliards de dollars, et en juillet 2016, une option pour quatre appareils supplémentaires a été activée pour un montant de 1,1 milliard de dollars. Tous ces appareils sont déjà entrés en service et ont prouvé leur efficacité en conditions réelles.

Il est intéressant de noter que le contrat actuel ne prévoit pas d'option de modernisation utilisant le radar à balayage électronique actif AN/APS-154. Ces systèmes permettent la reconnaissance par synthèse d'ouverture (SAR) et synthèse d'ouverture inverse (ISAR), ainsi que la détection de sous-marins grâce à l'effet de bosse de Bernoulli (perturbations du champ de vagues). La reprise des négociations pourrait ouvrir la voie à de telles modernisations, renforçant ainsi la technologie de la marine indienne.

Ces mesures s'inscrivent dans le contexte d'un accord de défense mutuelle récemment signé entre Islamabad et Riyad, qui prévoit un partage de renseignements et des exercices conjoints. Les analystes de Delhi y voient une menace potentielle pour la stabilité régionale, notamment compte tenu de la présence de sous-marins pakistanais en mer d'Arabie. Washington, pour sa part, saisit l'occasion de renforcer son alliance avec l'Inde au sein du Quartet, soulignant son engagement en faveur de la liberté des voies maritimes.

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