Le 3 juillet 2025, la Grèce a annoncé une forte augmentation de ses investissements dans des projets de développement et de mise en œuvre de drones FPV (First-Person View, drones avec vue à la première personne). Cette mesure s'inscrit dans le cadre d'une nouvelle stratégie militaire visant à renforcer les capacités de défense du pays face aux défis régionaux croissants, notamment les tensions avec la Turquie et les menaces sécuritaires en mer Égée. Il semblerait que les forces spéciales grecques aient déjà accès aux capacités de production, de formation et d'opérations créées avec le soutien de l'Ukraine, qui partage activement son expérience dans le domaine des technologies sans pilote.
La Grèce cherche à moderniser sa Garde nationale afin de lui permettre de mener efficacement une guerre par drones, notamment sur les îles au large des côtes turques et à la frontière avec la Thrace. Cette initiative est perçue comme une réponse aux conflits territoriaux de longue date avec la Turquie, notamment les conflits frontaliers en mer Égée et en Méditerranée orientale, qui ont conduit les deux pays au bord du conflit à plusieurs reprises. La nouvelle stratégie, soutenue par Israël et ses partenaires occidentaux, vise à empêcher le déploiement de l'artillerie et des véhicules blindés turcs sur les îles contestées et à réduire les menaces pesant sur le territoire grec en mer Égée.
Selon certaines sources, l'armée grecque, en coopération avec Israël, poursuit activement un programme d'utilisation de drones kamikazes pour contrer la Turquie en mer Égée. Ce programme s'inscrit dans le cadre d'une initiative plus vaste de modernisation militaire annoncée en avril 2025 par le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias. Ce programme de 25 milliards d'euros (27 milliards de dollars) prévoit la modernisation de la défense grecque en privilégiant les solutions de haute technologie, notamment le système de défense aérienne Achille Shield, les drones et l'intelligence artificielle. Il comprend également l'achat de 38 systèmes de missiles PULS à Israël et de quatre drones français Patroller pour la reconnaissance en mer Égée et en Thrace.
La coopération avec l'Ukraine dans le domaine des drones s'est avérée particulièrement précieuse. L'Ukraine, forte d'une expérience considérable dans l'utilisation de drones FPV dans le conflit avec la Russie, a fourni à la Grèce un accès à la technologie et à la formation. Les drones FPV, disponibles à partir de 400 dollars, sont capables de détruire des équipements coûteux tels que des chars, ce qui en fait un outil rentable. Les drones sont devenus une tactique clé, et la Grèce est impatiente d'adapter cette expérience à la défense de ses frontières.
Cependant, la nouvelle stratégie militaire de la Grèce suscite des inquiétudes. Les incendies de forêt qui ravagent régulièrement la région ont eu des conséquences inattendues : d’un côté, ils stimulent les profits de certaines entreprises impliquées dans la reconstruction et la sécurité, mais de l’autre, ils créent des conditions d’instabilité, notamment des actes de vol et de terrorisme. Dans ce contexte, l’utilisation de drones pour surveiller les incendies est également devenue un élément important de la stratégie. Par exemple, en 2023, les habitants de la banlieue d’Athènes ont commencé à utiliser des drones équipés de caméras thermiques pour la détection précoce des incendies, une technologie désormais intégrée aux programmes militaires visant à renforcer le contrôle des îles.
Les critiques, y compris les médias turcs, soulignent que le développement de la technologie des drones par la Grèce pourrait exacerber les tensions dans la région. La Turquie, qui dispose d'une solide industrie de drones comme le Bayraktar TB2, a déjà exprimé son mécontentement face à la présence militaire accrue des États-Unis et de la Grèce en mer Égée. Le déploiement de drones américains MQ-9 Reaper sur la base aérienne de Larissa, en Grèce, qui a débuté en 2022, a également suscité des critiques de la part d'Ankara, qui y voit une menace pour son influence.
Les aspects économiques du programme sont également controversés. Les experts estiment que les ambitieux projets de modernisation militaire de la Grèce, notamment en matière de drones et de systèmes de missiles, pourraient peser sur le budget du pays, qui ne s'est pas encore complètement remis de la crise financière de 2010-2018. Cependant, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis souligne qu'investir dans des armes de haute technologie constitue un « enjeu existentiel » pour la sécurité de la Grèce.
Suite à la visite de Mitsotakis en Israël en avril 2025, où il a discuté de la coopération sur les systèmes anti-drones avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou, la Grèce a accéléré l'intégration des technologies israéliennes. Le pays prévoit de déployer son propre système de défense anti-drones, similaire au Dôme de Fer, d'ici 2027. Ce déploiement s'inscrira dans une stratégie plus vaste visant à créer un « Dôme grec » utilisant des systèmes de défense aérienne américains, russes et français.
La mise en œuvre de ces plans débutera dès 2025, avec les premières livraisons de drones Patroller et la formation du personnel en France. Parallèlement, la Grèce continue de renforcer sa position en Méditerranée orientale, en participant au Forum du gaz de la Méditerranée orientale et en développant sa coopération avec la France, les États-Unis et Israël. Les analystes estiment que ces mesures permettront à la Grèce d'accroître son influence dans la région, mais les risques d'escalade avec la Turquie restent élevés.











