L'Allemagne prévoit d'acquérir 15 chasseurs F-35 Lightning II supplémentaires fabriqués par l'entreprise américaine Lockheed Martin, ce qui portera la commande totale du pays à 50 appareils, a rapporté Politico le 10 juillet 2025, citant plusieurs sources proches du dossier. La décision d'augmenter ces achats a été prise dans un contexte de tensions avec la France concernant le projet commun de système de combat aérien futur (SCAF) européen de nouvelle génération, ainsi que la nécessité de moderniser l'armée de l'air allemande pour remplir ses obligations au sein de l'OTAN.
L'Allemagne a déjà remporté un contrat en 2022 pour 35 F-35A d'une valeur d'environ 10 milliards d'euros afin de remplacer sa flotte vieillissante de 85 chasseurs-bombardiers Tornado, en service depuis les années 1980 et qui seront retirés du service entre 2025 et 2030. Les huit premiers appareils devraient être livrés en 2026 et seront basés aux États-Unis pour former les pilotes et le personnel de maintenance, tandis qu'à partir de 2027, les F-35 seront basés sur la base aérienne de Büchel, en Allemagne, pour mener des missions de dissuasion nucléaire au sein de l'OTAN. Cette nouvelle commande de 15 appareils s'inscrit dans le cadre d'une révision des plans suite à la mise à jour des objectifs de l'OTAN en matière d'armement et de troupes, ont indiqué des sources à Reuters.
Le F-35 Lightning II est un avion de chasse furtif de cinquième génération équipé de capteurs et de radars avancés. Capable d'emporter des armes nucléaires américaines stockées en Allemagne, il est un élément clé de la stratégie de dissuasion nucléaire de l'OTAN. Selon Lockheed Martin, le F-35 est quasiment indétectable par radar, ce qui lui confère un avantage considérable au combat.
La décision d'effectuer un achat supplémentaire fait suite aux difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du projet SCAF, développé conjointement par l'Allemagne, la France et l'Espagne. Selon Politico, la France insiste sur une participation de 80 % dans la production des composants clés du SCAF, ce qui a suscité le mécontentement à Berlin. Le chancelier Friedrich Merz a déclaré le 9 juillet que les désaccords concernant le projet restaient entiers et a souligné la nécessité d'une résolution rapide. Les retards du SCAF, dont le démonstrateur n'est pas attendu avant 2028-2029, obligent l'Allemagne à rechercher des solutions rapides pour moderniser son armée de l'air.











