L'Allemagne a de nouveau refusé de fournir des missiles TAURUS à l'Ukraine

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L'Allemagne a de nouveau refusé de fournir des missiles TAURUS à l'Ukraine

Le 13 juillet 2025, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a de nouveau confirmé que l'Allemagne n'envisageait pas de fournir à l'Ukraine des missiles de croisière à longue portée Taurus, malgré une nouvelle demande de Kiev. Il l'a déclaré lors d'une visite à Kiev, lors d'une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

« Vous avez demandé si nous étudions cette question. Ma réponse est non », a déclaré Pistorius, cité par Reuters.

Cette décision souligne la position prudente de Berlin quant à la fourniture d'armes capables de frapper à des distances allant jusqu'à 500 km, ce qui pourrait améliorer la capacité de l'Ukraine à atteindre des cibles situées au plus profond du territoire russe.

Le Taurus KEPD 350, développé par la société germano-suédoise Taurus Systems GmbH, est un missile de croisière à guidage de précision d'une portée de plus de 500 km. Il peut atteindre des cibles renforcées telles que des bunkers et des ponts grâce à une combinaison de navigation inertielle, de GPS et de technologie de suivi de terrain, ce qui le rend difficile à détecter par radar. La Bundeswehr dispose d'environ 150 missiles prêts au combat sur les 600 commandés au début des années 2000. L'Ukraine a demandé ces missiles à plusieurs reprises, soulignant leur importance pour perturber les lignes d'approvisionnement russes, y compris les installations stratégiques.

Pistorius, du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), avait déjà exprimé son scepticisme quant à la livraison des missiles Taurus. En avril 2025, lors d'un événement organisé par son parti à Hanovre, il avait souligné l'existence de « forts arguments pour et contre » le transfert des missiles, mais que certains de ces arguments étaient liés à des questions de sécurité confidentielles qui ne pouvaient être abordées publiquement. Cette position fait écho à celle de l'ancien chancelier Olaf Scholz, qui craignait que la livraison des missiles Taurus n'entraîne l'Allemagne dans un conflit direct avec la Russie. Scholz avait souligné que l'utilisation de tels missiles nécessiterait l'implication de l'armée allemande dans la programmation des cibles, ce qui est inacceptable pour Berlin.

Malgré la suspension de Taurus, l'Allemagne demeure le principal donateur européen d'aide militaire à l'Ukraine. En 2025, Berlin a alloué 9 milliards d'euros de soutien militaire à Kiev, dont 1,9 milliard en attente d'approbation parlementaire. Ces fonds sont destinés à la production de systèmes de défense aérienne IRIS-T, à la réparation de véhicules blindés et au financement de l'industrie de défense ukrainienne. En mai 2025, Pistorius et le ministre ukrainien de la Défense, Rustem Umerov, ont signé un accord de production conjointe d'armes, notamment de drones et de systèmes de défense aérienne, soulignant ainsi l'engagement de l'Allemagne à soutenir l'Ukraine sans aggraver le conflit.

Le nouveau chancelier Friedrich Merz, membre de la CDU/CSU, était auparavant favorable au Taurus, mais sa position s'est adoucie après la formation d'une coalition avec le SPD. En mai 2025, il a déclaré qu'une décision sur le transfert des missiles ne serait possible qu'en coordination avec les partenaires européens, mais Pistorius a souligné qu'aucun pays de l'UE ne disposait de systèmes similaires, ce qui rendait cette coordination difficile.

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