La France et la Grande-Bretagne utiliseront conjointement des armes nucléaires en cas de menace contre l'Europe

Nouvelles

La France et la Grande-Bretagne utiliseront conjointement des armes nucléaires en cas de menace contre l'Europe

La France et le Royaume-Uni ont convenu de coordonner leurs moyens de dissuasion nucléaire afin de répondre conjointement aux « menaces extraordinaires contre l'Europe », a rapporté l'AFP le 10 juillet 2025, citant un projet de déclaration qui sera signé par le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Keir Starmer lors d'un sommet à Paris jeudi. Ce document marque une nouvelle étape dans la coopération en matière de défense entre les deux pays dotés de l'arme nucléaire, dans un contexte d'inquiétudes quant à l'affaiblissement des garanties de sécurité américaines en Europe.

La déclaration souligne que les arsenaux nucléaires de la France (environ 290 ogives) et du Royaume-Uni (environ 225 ogives) fonctionneront de manière coordonnée pour protéger les alliés européens des menaces potentielles, principalement russes. Cette décision fait suite aux déclarations de plus en plus fréquentes de responsables russes sur l'éventuelle utilisation d'armes nucléaires dans le conflit avec l'Ukraine, ainsi qu'aux doutes sur la fiabilité du « parapluie nucléaire » américain après l'arrivée au pouvoir de Donald Trump.

La « dimension européenne » de la dissuasion nucléaire proposée par Macron est en discussion depuis 2020, mais a pris de l'ampleur en 2025. En mars, Macron a proposé d'étendre l'arsenal nucléaire français à l'ensemble de l'UE, suscitant un débat sur son efficacité face à la Russie, qui dispose de 4380 XNUMX ogives. Le Royaume-Uni, malgré sa sortie de l'UE, a soutenu cette idée, souhaitant jouer un rôle plus important dans la sécurité européenne. Les deux pays disposent de suffisamment d'armes stratégiques pour infliger des « dommages inacceptables » à des villes russes clés comme Moscou et Saint-Pétersbourg, grâce à des sous-marins lanceurs d'engins balistiques dissimulés dans les océans, selon la RAND.

La déclaration envisage également la création d'un forum conjoint pour coordonner la planification nucléaire, similaire au groupe de planification nucléaire de l'OTAN, auquel la France n'a pas adhéré depuis 1966. Les experts interrogés par The Conversation affirment qu'une telle démarche obligerait Paris à entreprendre une refonte profonde de sa doctrine nucléaire traditionnellement axée sur l'intérêt national.

.
à l'étage