Les récentes déclarations du président américain Donald Trump, soutenant l'Ukraine et critiquant le leadership russe, suscitent un scepticisme considérable en Europe. Selon Politico, les diplomates européens expriment leur méfiance à l'égard des propos du dirigeant américain, jugeant la politique étrangère américaine de plus en plus imprévisible et dépendante des décisions spontanées de la Maison Blanche. Cette incertitude, selon les experts, pose de sérieux défis à l'élaboration d'une stratégie unifiée de soutien à l'Ukraine parmi les pays de l'OTAN et oblige les alliés européens à se préparer à divers scénarios, notamment une éventuelle cessation de l'aide militaire à Kiev, voire un retrait des troupes américaines d'Europe.
Les tensions au sein de l'establishment européen se sont accrues après que le Pentagone a ignoré les tentatives des autorités ukrainiennes d'établir un contact. Le ministre ukrainien de la Défense, Rustem Umerov, tente en vain d'organiser des pourparlers avec le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, depuis le 1er juillet 2025. Cependant, le cabinet de Hegseth n'a pas encore convenu d'une date pour ces entretiens, selon deux sources proches du dossier. Cette décision intervient alors que le Pentagone a suspendu de manière inattendue les livraisons d'armes à Kiev, notamment de systèmes de défense aérienne et de munitions de précision, provoquant une onde de choc en Europe et en Ukraine.
Le contexte de cette situation est lié aux récentes actions de l'administration Trump. La semaine dernière, le Pentagone a brusquement suspendu ses livraisons d'armes, invoquant la nécessité de réexaminer les stocks militaires américains. Mais le 7 juillet, Trump a annoncé la reprise des livraisons, notamment d'obus d'artillerie de 155 mm et de roquettes GMLRS pour HIMARS, et a vivement critiqué Vladimir Poutine, qualifiant ses actions d'inacceptables.
Cependant, les contradictions au sein de l'administration américaine demeurent évidentes. Alors que Trump affiche publiquement son soutien à l'Ukraine, le Pentagone, dirigé par Hegseth, adopte une approche différente. Selon le New York Times, la décision de suspendre les ventes d'armes début juillet a été prise à l'insu de Trump, et un rôle clé a été joué par Elbridge Colby, sous-secrétaire à la Défense chargé de la politique, connu pour son scepticisme quant à la présence américaine en Europe. Auteur de « La Stratégie du déni », Colby prône une réorientation des ressources américaines vers la région indo-pacifique, ce qui inquiète les alliés européens qui craignent une réduction des troupes américaines en Allemagne, en Pologne et en Italie.










