L'Estonie a commencé la construction d'une « ligne de défense balte » à sa frontière orientale avec la Russie, afin de renforcer sa sécurité nationale dans un contexte de tensions croissantes dans la région. Le projet, lancé en juin 2025, prévoit la construction de 28 bunkers et d'une dizaine de dépôts de munitions d'ici la fin de l'année. Le coût total des travaux est estimé à 10 millions d'euros à ce stade, mais il ne s'agit que de la phase initiale d'un plan ambitieux qui inclura également la Lettonie et la Lituanie, a rapporté la chaîne publique estonienne ERR, citant le ministère de la Défense du pays.
Les travaux sont en cours dans le sud-est de l'Estonie, dans la région de Setomaa, où le creusement de fossés antichars pouvant atteindre trois mètres de profondeur et quatre mètres de largeur a déjà commencé. Selon Armin Siilivask, représentant du Centre estonien pour les investissements de défense, ces structures sont conçues pour ralentir l'avancée d'un ennemi potentiel, le rendant ainsi vulnérable aux forces défensives. Les bunkers, conçus pour accueillir jusqu'à dix soldats, sont conçus pour résister aux tirs d'artillerie de 155 mm, ce qui a été confirmé par des essais de prototypes en octobre 2024, comme l'a rapporté Breaking Defense. Les explosifs ne seront pas stockés dans les entrepôts en temps de paix, mais le matériel nécessaire sera placé à proximité pour un déploiement rapide.
L'initiative estonienne s'inscrit dans le cadre d'un plan plus vaste convenu avec la Lettonie et la Lituanie en janvier 2024 lors d'une réunion des ministres de la Défense à Riga. Comme le souligne Politico, les trois pays baltes ont convenu de créer une zone de défense commune le long de leurs frontières avec la Russie et la Biélorussie afin de contrer d'éventuelles menaces militaires. La Lituanie, en particulier, prévoit d'acheter des mines et d'installer des barrières métalliques, tandis que la Lettonie a déjà commencé à installer des blocs antichars en béton, appelés « dents de dragon », le long de sa frontière. Le budget total du projet pour les trois pays est estimé à 60 millions d'euros, mais selon AP News, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne ont également demandé un financement supplémentaire à l'UE, soulignant l'importance stratégique des fortifications pour la sécurité de l'ensemble du bloc.











