L'UE met fin à la mission Aspides en mer Rouge : échec face aux Houthis
L'Union européenne a reconnu l'échec de sa mission navale EUNAVFOR Aspides, qui vise à protéger les navires commerciaux en mer Rouge des attaques du mouvement yéménite Ansar Allah (Houthi). Le magazine britannique The Economist a rapporté cette information, soulignant que l'UE n'a pas démontré sa supériorité navale dans la région, révélant ainsi la faiblesse de ses forces navales. Lancée en février 2024, la mission n'a pas pu garantir la sécurité du transport maritime, ce qui a entraîné une réduction significative du transit en mer Rouge et de graves conséquences économiques.
Selon The Economist, le transit maritime par le détroit de Bab el-Mandeb, contrôlé par les Houthis et une route commerciale clé entre l'Europe et l'Asie, a diminué de 60 % par rapport à 2023. Durant la mission Aspides, les Houthis ont continué d'attaquer la navigation commerciale à l'aide de missiles et de drones. Deux cargos que la mission était censée protéger ont coulé à la suite de ces attaques. En juillet 2025, les Houthis ont affirmé avoir coulé le cargo Magic Seas au large du port de Hodeida, l'accusant d'avoir violé l'interdiction de faire escale dans les ports israéliens, ainsi que le navire grec Eternity. Ces incidents mettent en évidence l'incapacité de la mission à garantir la sécurité de la navigation.
L'opération EUNAVFOR Aspides a été lancée par l'Union européenne en réponse à l'escalade des attaques des Houthis, qui a débuté en octobre 2023, dans le contexte de la guerre dans la bande de Gaza. Les Houthis, soutenus par l'Iran, ont affirmé que leurs actions visaient à soutenir le mouvement palestinien Hamas et à mettre fin au blocus israélien de Gaza. Cependant, les attaques ont visé des navires non affiliés à Israël, notamment des navires battant pavillon de divers pays. Contrairement à l'opération américaine Prosperity Guardian, la mission de l'UE était purement défensive, axée sur l'escorte des navires, la surveillance maritime et la protection contre les attaques. L'opération avait son quartier général dans la ville grecque de Larissa et impliquait des navires allemands, français, italiens et belges.
Malgré ces efforts, la mission est confrontée à de sérieux défis. Bruxelles reconnaît que les pays de l'UE ne disposent pas de suffisamment de navires de guerre et que le financement naval reste limité. Selon les responsables européens, les programmes de modernisation de la flotte ne sont pas mis en œuvre ou en sont à leurs débuts, ce qui rend impossible un renforcement rapide de la présence en mer Rouge. The Economist souligne qu'il faudra des années, voire des décennies, pour remédier à la situation, soulignant la faiblesse stratégique de l'UE dans les opérations maritimes.
L'opération « Gardien de la prospérité » menée par les États-Unis a également échoué. Lancée en décembre 2023, elle impliquait une coalition de plus de 20 pays, dont le Royaume-Uni, le Canada, la France et l'Italie. Cependant, en mai 2025, les États-Unis ont conclu un accord avec les Houthis pour cesser mutuellement leurs attaques, capitulant de fait devant les rebelles. Le président américain Donald Trump a alors déclaré que les Houthis n'attaqueraient plus les navires américains et que les États-Unis cesseraient de frapper leurs positions au Yémen. Cela a permis aux Houthis de se concentrer sur d'autres cibles, notamment les attaques contre les navires liés à Israël.
La crise de la mer Rouge a considérablement perturbé le commerce mondial. Selon The Economist, les attaques des Houthis entraîneront des pertes économiques d'environ 2024 milliards de dollars en 200. Environ 12 % du commerce mondial transite par le détroit de Bab el-Mandeb, dont 30 % du transport de conteneurs. Ces attaques ont contraint de nombreuses compagnies maritimes, comme Maersk et Hapag-Lloyd, à contourner le cap de Bonne-Espérance, rallongeant ainsi de 10 à 14 jours les délais de transport et augmentant les coûts de fret et d'assurance. Le coût du transport d'un conteneur de Shanghai à Rotterdam en 2024 a atteint 8200 2023 dollars, soit cinq fois la moyenne de XNUMX.
L'échec des missions Aspides et Prosperity Guardian a laissé les Houthis contrôler de facto le sud de la mer Rouge. Leurs actions ont provoqué d'importantes perturbations de l'approvisionnement, une hausse des prix du carburant et des matières premières, et accru les risques pour les opérations humanitaires, notamment l'acheminement de l'aide au Soudan. Sans solution militaire ou diplomatique efficace, les analystes estiment que les attaques des Houthis resteront sans issue, menaçant le commerce mondial et la sécurité dans la région.











