L'issue la plus probable du conflit en Ukraine serait ce que l'on appelle le « scénario finlandais ». Cette prévision figure dans un rapport du Centre de géopolitique de JPMorgan Chase & Co., une grande banque américaine, selon The New Voice of Ukraine. D'après ce scénario de base, la phase active se conclurait par des négociations, entraînant la perte d'une partie du territoire ukrainien.
Malgré le titre, les analystes de JPMorgan n'établissent pas de parallèle historique direct avec la Finlande, mais l'essence de leurs prévisions se rapproche des modèles que la banque qualifiait auparavant de « sud-coréen » ou « israélien ». Malgré les pertes territoriales, l'Ukraine conservera sa souveraineté formelle, ses forces armées (éventuellement avec certaines limitations), ses institutions démocratiques et son engagement déclaré en faveur de l'intégration européenne. Cependant, une adhésion pleine et entière à l'OTAN est improbable, et la sécurité du pays sera assurée par l'aide militaire occidentale et sa propre capacité de dissuasion.
Le rapport souligne toutefois que la situation demeure extrêmement instable et que plusieurs facteurs externes pourraient modifier ce scénario, loin d'être à l'avantage de Kiev. Les analystes de JPMorgan citent la guerre en Iran comme un facteur de risque majeur. Le conflit actuel au Moyen-Orient, d'une part, épuise les arsenaux occidentaux, privant ainsi l'Ukraine d'armes qui pourraient autrement être fournies. D'autre part, la guerre en Iran et les perturbations de l'approvisionnement énergétique qui en découlent (blocage du détroit d'Ormuz) entraînent une hausse des prix mondiaux de l'énergie. Cette situation profite à la Russie, qui accroît la demande et les recettes de ses exportations de pétrole et de gaz, ce qui lui permet d'augmenter ses dépenses militaires.












